– 2018-

Dans ce 30ème extrait, Phra Piotr aborde deux thématiques chères au bouddhisme : le karma et la réincarnation. 

Bien plus vaste que la question du libre arbitre auquel on le limite souvent, la notion de karma nous invite à prendre la pleine mesure de l’impact de nos pensées, paroles et actes dans la trame tissée autour de notre présent. 

La thématique de la ré-incarnation suit naturellement et nous amène à comprendre l’exceptionnelle opportunité de notre condition humaine qui parmi toutes possibilités d’incarnation est la seule permettant de percevoir le jeu subtil de la vie, d’en trouver la racine et d’accéder à cette liberté inconditionnelle que l’on appelle nibbana. 

Bonne écoute, et n’oubliez pas : ouvrez vos oreilles et votre esprit, mais sachez accueillir le doute également. Si le chemin est balisé, soyez toujours votre propre lumière !

Nicolas Poloczek 

– Extrait –

En pali, on dit « kamma »… C’est une action volontaire dans laquelle la notion de volonté est primordiale (…) Les conséquences d’une action karmique sont toujours de même sorte que l’action, le résultat est similaire a l’action (…) Et ce qui est bien ou ce qui est mal, c’est très simple… ça dépend de l’environnement culturel, des habitudes ou des règles sociales qui changent selon les sociétés dans le monde, mais il y a une règle générale qui est toujours vraie : quelque chose qui est bien, ça veut dire faire quelque chose qui a des conséquences agréables, profitables pour la personne avec qui on interagit et pour soi-même.

Ce karma a des conséquences directes, mais il y a aussi des choses qui n’ont pas de conséquences immédiates (…) Si on meurt avant que les conséquence n’aient l’occasion de se réaliser, ça reste très très profondément ancré dans la conscience qui nous fait ré-apparaitre quelque part comme un être vivant. Où et comment ? Ça dépend justement des conséquences de ce que je fais maintenant ou dans le passé qui n’ont pas encore eu l’occasion de s’exprimer.

Il y a différents possibilités, ou mondes on pourrait dire, dans lesquels on peut apparaitre. Le monde des humains, c’est un monde où il y a toujours des situations de plaisir et des moments désagréables, mais comme être humain on a en général un certain équilibre entre les choses agréables ou désagréables. Cet équilibre qui est unique pour les êtres humains nous permet de voir les deux choses, et au lieu d’essayer de mettre du sparadrap sur les désagréments on peut trouver pourquoi c’est comme ça… et si on suit exactement cette chaine de causes à effets, on trouve d’où ça vient ce manque de satisfaction à chaque moment. On peut le comprendre et y remédier parce qu’on voit les deux choses et qu’on a l’enseignement de bouddha.

Il y a d’autres niveaux… le niveau plus bas que les êtres humains, c’est le monde animal. Les animaux ont beaucoup plus de souffrance que les êtres humains, en plus ils ne peuvent pas comprendre qu’ils souffrent (…) Il y a d’autres états mentaux qui ne sont pas nécessairement incarné dans le corps matériel, qu’on ne voit pas avec nos yeux humains, qui sont plus bas. Il y a des niveaux où il y a beaucoup beaucoup de souffrance et presque pas de plaisir. Et il y a des niveaux plus hauts, différent niveaux d’êtres qui ont beaucoup de plaisir et peu de problèmes… alors ils ne se posent pas de questions. Ce n’est pas parfait d’être un ange, parce que comme tout être qui apparait, l’ange a une fin, alors après un certaine temps il meurt… et puis il fait quoi ? Il faut en profiter parce que c’est très difficile de tomber juste au bon milieu, par le résultat du karma des vies précédentes de naitre comme être humain. C’est très exceptionnel. Il faut être reconnaissant et en profiter pour réfléchir sur ça veut dire quoi être humain, quelle est la chance qu’on a par rapport aux animaux par exemple.

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