– 2006 –

16/ Peu de gens savaient ce que j'allais faire en Thaïlande.

réactions des collègues, des amis et de la famille

A près, quand je suis parti définitivement, j’ai envoyé des livres, une lettre ou deux… mais j’ai eu très peu de réponses et d’intérêt. La plupart ne répondaient pas, même les gens qui étaient proches à un certain moment dans ma vie intellectuellement… Ils ne pouvaient pas accepter ça parce que ça les remettait trop en cause… Dire « j’ai découvert que j’ai couru en rond toute ma vie sans savoir dans quelle direction il faut aller… »… ils se posaient la même question et ça leur déplaisait de se poser une question comme ça, de se mettre en doute. Et probablement, comme je vois ça, par ce malaise de remettre en cause toute sa vie, ils ont plutôt rejeté… «  ça c’est un fou qui fait des conneries bizarres mystiques déraisonnables… voilà, on le laisse tomber… ! ». Moi ça ne me dérange pas trop. J’ai fait cette démarche de propager plutôt pour partager ma découverte « ah oui, tu vois je suis heureux plus que jamais, parce que ça et ça… », mais ça n’est pas arrivé parce que ça les mettait en doute envers eux-mêmes et c’est peut-être trop douloureux de se poser la vraie question : « pourquoi je cours toute la vie pour m’acheter une maison, une voiture, tout ça… où est-ce que je suis par rapport à mes rêves d’ado… est-ce que je suis plus près du bonheur que je cherche avec grand effort depuis 50 ans… ? ». Répondre à cette question n’est pas facile, alors l’emmerdeur qui se la posait et qui envoie les échos de ses questions, c’est « un emmerdeur qui m’empêche d’être cool et bienheureux dans ce que j’ai atteint dans ma vie… »

Résumé

Pendant mes 12 années d’aller-retours, la plupart ne savaient pas pourquoi j’allais en Thaïlande – ils m’auraient pris pour un déréglé incapable de faire son travail – des personnes m’ont soutenu, d’autres avaient des réactions néfastes, mais mes certitudes étaient incontestables – j’avais d’autres amis qui pratiquaient d’autres religions… ça pouvait faire des discussions inutiles où personne n’est capable de convaincre l’autre – le seul moyen de savoir si c’est vrai ou pas, c’est mordre toi-même dans le citron, à ce moment là tu sais – quand je suis parti définitivement, j’ai envoyé des livres, une lettre qui explique un peu, mais j’ai eu très peu d’intérêt – ils ne pouvaient pas accepter ça parce que ça les mettait trop en doute envers eux-même – j’étais l’emmerdeur – actuellement j’ai des contacts avec 5 personnes à différents niveaux, les autres c’est fini – des gens m’ont engueulé, et ont même voulu intervenir pour me retirer d’une secte bizarre qui m’aurait lavé le cerveau – ma famille, c’est très peu de personnes – j’ai deux fils – c’était important qu’ils m’acceptent comme moine, et pas comme un fou déréglé… que ce n’était pas une fuite de mes difficultés de vie, mais que j’avais trouvé mieux.

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